15 janv. 2014

Top 5 des films de 2013


 
 Après une année riche en cinéma et aux quelques perles d’originalité, quoique légèrement encombrés par des blockbusters à la qualité déclinante, ce sont les suites ratées que nous pleurons maintenant ; Le remake d’Evil Dead n’a pas sût convaincre, la suite au classique de Tobe Hooper ; « Texas Chainsaw 3D » s’avère des plus banales, le Hobbit déçoit et MARVEL tourne déjà en rond. On notera malgré tout quelques belles réussites parmi les gros films Hollywoodien ; le surprenant « Gravity », le très réussit "Snowpiercer" ou le biopic : "Hitchcock". La suite de « Hunger Games », malgré son infériorité flagrante face à son aîné, à sût tenir ses promesses mais se handicape de longueurs et de répétitions flagrantes. Dans toute cette pagaille médiatique, geek et international, les véritables chef-d’œuvres n’étaient pas nécessairement là où nous les attendions et malgré le déclin d’Hollywood, se sont encore les Américains qui nous livrent quelques merveilles. Comme souvent, la liste comporte des OVNIS ayant séjourné à Cannes au printemps dernier. Retour sur le top du top, le meilleur de 2013 en cinq films déjà cultes (et incontournables !).


-5-

The Bling Ring


 

N’étant pas un grand fan de Sofia Coppola, j’avoue avoir été très surpris par ce film qui ne ressemble en rien à ses œuvres précédentes. « The Bling Ring » s’articule à un rythme effréné, se montre des plus modernes et soulève astucieusement quelques questions autour de sujets embarrassants ; la fascination pour les « people », la quête mortelle d’un quart d’heure de gloire et l’amour démesuré du luxe et de l’argent. Quelques jeunes comédiens talentueux (Emma Watson prouve enfin qu'elle sait jouer) suffisent à faire de l’adaptation de ce fait divers un grand moment de cinéma, sombre et pourtant exposé sur un ton léger comme une paire de Louboutin.

 

 -4-

Only God Forgives

 
Quand Nicolas Winding Refn décide d’élever la violence au rang de poésie, toute l’horreur de ses images deviennent voluptueuse et s’observent avec le regard ébahit des doux rêveurs. Pour cette nouvelle collaboration avec Ryan Gosling, le réalisateur prodige, chouchou de Cannes, sublime son comédien fétiche par des plans tout en beauté, une mise en scène pointilleuse et une lumière hypnotisante. On saluera également la prestation de Kristin Scott Thomas don le personnage saura figurer au panthéon des pires salopes de l’histoire du cinéma. « Only God Forgives », une épopée visuelle et sanglante portée par une bande originale brillante ; un choc des plus mémorables.


 -3-

Stoker


Un film exaltant à l’esthétique magnifiée par une imagerie fantastique, injectée dans un texte réaliste. Dans un registre très sombre, la folie rencontre ici le sens aigue de la famille. Wentworth Miller, notre évadé favori (de la série Prison Break) démontre son immense talent scénaristique et sa science magique des mots ; ici élevée dans de hautes sphères par une mise en scène quasi parfaite et un trio d’acteurs beaux à en pleurer (Mia Wasikowska est bluffante, Nicole Kidman au sommet et Matthew Goode livre une prestation sensuel, toute en retenue et totalement glaciale) des comédiens effrayants à souhait et justes sur toute la ligne. Il est difficile de parler de « Stoker » sans révéler quoi que ce soit à propos de ses rebondissements si surprenants. Alors l’idéal est encore de le regarder. Tout de suite.

 

-2-

Disconnect


Merveilleuse surprise que ce « Disconnect » (encore non distribué sur notre sol, à se demander si les distributeurs Français connaissent leur métier). Le sujet principal de ce film d’auteur, c’est la violence. La violence sexuelle et exploitante, la violence psychologique et moqueuse, la violence escroqueuse et vénale. Mais dans ce film, la différence de traitement est la suivante : l’emploi de ces violences (sommes toutes « classiques ») se veut contemporain et passe donc par un monstre devenu notre plus proche outil commun : Internet. L’intrigue nous entraine alors dans la lutte acharné d’une petite tripoté de personnages face à de soucieux problèmes (et autres drames terrifiants) liés à un internet. Plusieurs histoires sont ici mises en scène, toutes interprétés avec brio par de merveilleux acteurs (pour ne citer qu’eux, Alexandre Skarsgard et Max Thieriot). « Disconnect », c’est une aventure informatique, mais avant tout humaine. Un film comme on en voit trop peu, qui vit avec son temps et réussit un coup de maître là où la plupart des films échouent ; mettre en scène internet avec fluidité. Le son des claviers devient une douce musique et s’associe parfaitement à une bande originale Pop Rock des plus appréciables. Une petite merveille, impitoyable et tendre, simple et intelligente, belle et embarrassante…

 

-1-

Spring Breakers

Que dire ? « Spring Break forever Bitches !! » ou « Down, Mother Fucker, down ! » ou encore « Ass and boobs, this is what life is about ! » et autres envolés poétiques… Le film s’ouvre sur un « Oh my god ! » suivit des basses électrisantes du génie de la dubstep : Skrillex. Une introduction qui fait trembler les sièges de la salle de cinéma et qui présente coup sur coup (et au ralentis) des images écoeurantes de jeunes étudiants américains, occupés à leurs désormais célèbres jeux sexuels et alcooliques des plus débiles. Une ouverture brutale qui s’achève enfin sur le bruit d’une arme qu’on recharge.

 Pourquoi « Sprink Breakers » m’apparait si fascinant ? Serait-ce les quatre minettes en bikinis, qui boivent comme des trous, fument comme des pompiers et braquent un fast food à coup de marteau ? Serait-ce pour les séquences hallucinantes de fêtes explosives et dépravées, perdues entre le clip électro et le drame horrifique ? Serait-ce pour les plans du merveilleux Harmony Korine, ses cadrages divins et ses mouvements si brillants ? Serait-ce pour toutes ces couleurs, bleu, rose, vert, orange … ? Serait-ce pour la musique de Skrillex et tous ses bruitages saisissants ? Ou bien cette mise en scène songeuse et de toute évidence ; droguée ? Et si c’était pour cette séquence exaltante et ultra-violente, sur « Everytime » de Britney Spears ? Ou toutes ces scènes outrageantes (La boite de nuit spéciale Twerk cellulités, la double fellation sur guns silencieux, la soirée « rouge » où les jeunes étudiants noient de bières le corps d’une des filles en réclamant gentiment sa « chatte ») ?

 Je pense que c’est principalement pour cette métaphore des filles made in Disney, enfants prodige de l’Amérique dégueulasse. Ici, Vanessa « Gabriella » Hudgens et Selena « The Witch » Gomez, illustrant avec raison la perdition de leurs aînés ; des jeunes femmes comme Britney, Lindsay, Miley : les filles timbrées de papa Mickey. L’idée générale de la plus belle des hypocrisies (et aussi la plus hilarante) : celle de l’Amérique comme modèle de bienséance.

 C’est sûrement pour toutes ces raisons que le film trouve une place en tête de ce top 2013, mais aussi parce que « Spring Breakers » est un grand huit des émotions au visuel travaillé, au sujet intelligemment maîtrisé et à la mise en scène d’une originalité sans précédent.
 
 

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